Je suis convaincu depuis longtemps que le corps sait. Qu’il porte en lui une intelligence propre, une mémoire, des ressources insoupçonnées — et que notre rôle, en tant qu’accompagnant, est moins d’intervenir que d’écouter, et d’inviter le corps à retrouver ce qu’il n’a jamais vraiment perdu.
C’est cette conviction qui guide chacune de mes séances — en méthode Poyet® comme en Breathwork.

Avant le soin — des métiers de matière et de main
Avant de devenir praticien, j’ai été charpentier de marine, marin, boulanger. Des métiers qui n’ont l’air de rien en commun — sauf si on y regarde de près.
Le bois qu’on travaille demande qu’on le lise avant de le tailler. La mer qu’on navigue demande qu’on l’écoute avant de la traverser. Le pain qu’on façonne demande qu’on sente la pâte avant de la pétrir. Dans mon fournil breton, peu de paramètres étaient vraiment maîtrisés — la couleur des pierres du four, la texture de la farine du meunier voisin, l’humidité dans l’air, le tirage du vent. J’ai appris à lire les signes subtils, à m’adapter en temps réel, à faire confiance à ce que mes mains ressentaient plutôt qu’à ce que les instruments indiquaient.
C’est exactement ce que je fais aujourd’hui.
À bord, j’ai appris le temps long — attendre le bon créneau météo, lire les courants, naviguer à la voile sans moteur. La solidarité d’équipage, l’attention aux détails qui font la sécurité, la capacité à rester calme quand ça bouge. En charpente marine, j’ai appris la vision dans l’espace, les processus complexes qui demandent de la préparation, le soin et l’esthétisme — et le plaisir profond du travail bien fait.
Ces années m’ont donné quelque chose d’inestimable : un rapport corporel au monde, une capacité d’attention aux signaux discrets, et une patience que rien d’autre ne m’aurait enseignée aussi bien.
L’appel vers le soin — une évidence progressive
Il y a eu un moment où j’ai su que mon chemin passerait par le soin. Pas une décision rationnelle — plutôt quelque chose qui s’impose de l’intérieur, une urgence qu’on ne peut ignorer.
J’avais déjà commencé à apprendre sur le tas, auprès de personnes pratiquant la fasciathérapie, le magnétisme. La méditation Vipassana m’avait entre-temps ouvert des champs d’une vastitude insoupçonnée — une capacité à sentir, à observer, à habiter le corps de l’intérieur d’une façon que je n’avais jamais expérimentée. Mais j’avais besoin de bâtir sur des bases solides. D’apprendre l’anatomie, la physiologie, la pathologie. De comprendre ce que je faisais.
C’est une séance reçue auprès d’une amie en formation qui m’a orienté vers la méthode Poyet®. Ce que j’ai ressenti ce jour-là — la douceur, la précision, la profondeur des effets sans aucun geste brusque — correspondait exactement à ce que je cherchais. Je savais en commençant cette formation que mon approche ne se limiterait pas au corps seul. Depuis l’adolescence, la lecture de l’Éthique de Spinoza m’avait aidé à formuler ce que je ressentais confusément : corps et esprit ne sont pas deux choses séparées — ils sont une même substance, s’exprimant selon des modes différents. Cette conviction n’a fait que se confirmer depuis.
Le Breathwork est arrivé plus tard, en quatrième année de formation Poyet. Je revenais de trois mois au Mexique, à travailler au contact des médecines traditionnelles de là-bas. C’est dans ce contexte que j’ai rencontré le Transformational Breathwork — et j’ai été sidéré. La puissance de ce qui se produisait en moi en quelques minutes de respiration consciente, connectée, intense, dépassait tout ce que j’avais expérimenté jusque-là. J’avais trouvé un outil thérapeutique d’une efficacité remarquable pour travailler avec les états modifiés de conscience — dans un cadre rigoureux, avec une attention profonde portée à la sécurité et à l’intégration.
Le Breathwork m’a aussi accompagné personnellement. À une période sombre et exigeante de ma vie, la pratique quotidienne du souffle m’a permis de maintenir un lien avec mon corps quand les mots ne suffisaient plus — quand la méditation elle-même devenait trop difficile. C’est cette expérience de l’intérieur qui me permet aujourd’hui d’accompagner avec une présence que la seule théorie n’aurait pas pu me donner.
Approche Trauma-informée
Ma formation en Breathwork auprès de Breathless Expeditions est explicitement Trauma-informed — c’est-à-dire qu’elle intègre la compréhension du trauma, de ses manifestations dans le corps et le système nerveux, dans chaque aspect de la pratique et de la facilitation. Cette approche s’appuie sur la théorie polyvagale et les avancées récentes en neurosciences du trauma — notamment les travaux de Bessel van der Kolk et de Peter Levine. Elle influence profondément ma façon d’être en séance : la façon dont je crée un cadre sécurisant, dont j’accompagne sans forcer, dont j’encourage sans brusquer.
En parallèle, je me forme depuis plusieurs années sur le trauma et ses approches thérapeutiques — notamment l’IFS (Internal Family Systems) avec Frank Anderson, l’autohypnose, et l’Intelligence Relationnelle. Ces pratiques nourrissent ma compréhension de l’être humain et enrichissent continuellement mon accompagnement.
Ce qui guide mon travail
Je ne cherche pas à réparer. Je cherche à créer les conditions dans lesquelles quelque chose peut se remettre en mouvement — dans le corps, dans le souffle, dans la façon dont une personne habite sa vie.
Corps et esprit ne sont pas deux entités séparées qu’il faudrait réconcilier. Ils sont une même réalité, exprimée différemment. Une tension dans le dos peut porter une histoire. Une émotion bloquée peut se loger dans un fascia. Un souffle court peut dire quelque chose d’une vie trop comprimée. Travailler avec le corps, c’est travailler avec l’être entier — sans jamais forcer, sans jamais réduire une personne à ses symptômes.
Ce que je souhaite pour chaque personne qui vient me voir — qu’elle reparte avec quelque chose de concret et de profond à la fois. Un sentiment d’ancrage. Le contact avec quelque chose d’inébranlable en elle, au-delà des agitations du quotidien. Une boussole intérieure — pas imposée du dehors, mais retrouvée du dedans.
Je suis curieux, passionné de philosophie, de poésie, de musique, du fonctionnement de la psyché et des états de conscience. Je continue de me former, de me questionner, de chercher. Non par insécurité — mais parce que l’être humain est infiniment complexe, et que cette complexité me rappelle à chaque séance qu’il me reste encore beaucoup à apprendre.
Formation et influences
Mon parcours de formation est à l’image de mon approche — rigoureux sur les fondamentaux, ouvert sur les frontières.
Formation
Collège de Thérapie Manuelle (CoTM)
Formation en méthode Poyet® — 4 ans, La Grande Motte. Diplôme de thérapeute manuel.
DiplôméBreathless Expeditions
Formation en Breathwork — programme accrédité à l’international, ancré dans la recherche scientifique.
En coursAu-delà des formations certifiantes, mon travail est nourri par plusieurs années d’exploration et d’étude — méditation Vipassana, autohypnose, Intelligence Relationnelle, IFS (Internal Family Systems) avec Frank Anderson. Des approches qui partagent toutes une même conviction : que le changement durable passe par le corps autant que par la parole, et que la relation thérapeutique elle-même est un outil de soin.
Parmi les lectures qui ont le plus marqué ma façon de penser et d’accompagner : Le corps n’oublie rien de Bessel van der Kolk, et L’Éthique de Spinoza — deux œuvres qui, chacune à leur façon, disent la même chose : que le corps pense, ressent et guérit.
Travailler ensemble
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est peut-être que quelque chose résonne. Je vous invite à faire le premier pas — une séance, une conversation simple, sans engagement.
Une question avant de réserver ? contact@soufflecorps.fr
